31 Mar

Aujourd'hui la santé publique est la priorité absolue. La priorité est à réguler la crise sanitaire du COVID-19. Elle est à donner tous les moyens nécessaires aux personnels de santé en première ligne face à l'épidémie. Elle est à éviter d'exposer inutilement des salarié.e.s dont l'activité et les tâches ne sont pas de celles directement utiles, de près ou d'un peu plus loin, à mener la lutte contre le virus.

La priorité est également à garantir avec l'accès aux seuls besoins de première nécessité l'absence de sa propagation. Elle est à protéger dans les conditions sanitaires requises les salarié.e.s qui interviennent dans le cadre des seules activités et tâches indispensables. La priorité est à ne pas accroître le stress de salarié.e.s qui craignent de ramener la maladie de leur lieu de travail dans leur foyer et celui des familles de ces salarié.e.s. Le droit de retrait et le droit d'alerte pour danger grave et imminent doivent demeurer des recours absolus face à l'impéritie de certain.e.s ir.responsables. 

La responsabilité l'exige pour ne pas engorger des hôpitaux fragilisés par des années d'économies à courte vue et de mises à mal libérales.

Sauver nos vies, pas leurs profits !

                           

Il n'y a pas d'autre impératif économique dans la période que de réquisitionner les capacités productives nécessaires à la fabrication des matériels, produits et traitements médicaux nécessaires pour enrayer la pandémie. Puisque le président a déclaré que nous étions "en guerre", c'est à une économie de guerre administrée et encadrée que le gouvernement doit s'atteler plutôt qu'à sauvegarder ses capacités de dégager demain de rapides nouveaux bénéfices pour les actionnaires. Il faut également réquisitionner les logements vacants pour abriter les sans logis quand le mot d'ordre est au confinement. La loi du marché doit s'effacer devant les impératifs de l'urgence sanitaire.

Demain il sera urgent de résoudre la crise sociale, environnementale et démocratique, celle du vivre ensemble et de l'intérêt général. 

Pour anticiper et le plus possible éviter de nouvelles catastrophes de ce type en mettant fin dès le jour d'après à la prédation de notre écosystème pour le simple bénéfice de rentes capitalistes.


Prioriser l'intérêt général 

Aux questions qui se posent aujourd'hui cruellement à nous, il faudra savoir apporter les réponses que ne peut apporter le marché et dénient les recettes libérales et dérégulatrices. Il nous faudra imposer que les besoins essentiels, sociaux et de première nécessité que nous définirons ensemble soient sortis du marché. Agir ainsi signifie de socialiser certains services et certaines productions.

De chacun.e selon ses moyens, à chacun.e selon ses besoins. L'impôt doit être pleinement redistributif et mettre à contribution, comme la cotisation sociale, les revenus du capital.

                               

La place et le rôle des mécanismes de la Sécurité Sociale, du système de retraite par répartition qui en est un pilier,  et des services publics doivent être pleinement reconnus. Ils doivent être renforcés pour fortifier le lien solidaire qui protège des aléas de la vie, ou nous y rend moins vulnérables, et fait société. Sortir de la logique de leur marchandisation, c'est considérer qu'ils n'ont pas de coût par définition puisqu'ils sont hors marché. Les lits supprimés ces dernières années au nom d'économies et d'une rentabilité financière hors propos dans les hôpitaux publics manquent aujourd'hui cruellement aux malades les plus sévères du COVID-19. Les parents des victimes seront en droit le jour d'après d'interroger pleinement la responsabilité des autorités à l'origine de ces choix.


Le jour d'après, un grand besoin de souffler portera nos exigences !

L'entreprise n'est pas le cœur battant de nos sociétés. Il n'en est pas plus le poumon. Le lien de subordination entre salarié.e et employeur qui y sévit ne peut pas être au fondement de sociétés démocratiques. Au contraire la logique démocratique doit subvertir l'entreprise pour éviter cette déréglementation qui saccage nos droits sociaux et notre écosystème et nous expose aux prises de risques inutiles du marché et d'une économie virtuelle et financière.

Donnons-nous rendez-vous le jour d'après pour respirer fort, sortir et arpenter à nouveau les rues fort d'une expérience qui doit nous convaincre d'imposer un autre gouvernement du monde et de nos vies.

Metz le 24 mars 2020.

LIEN VERS LE PDF :

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